HOMO TOXICUS : la toxicité comme dynamique thérapeutique de création

Depuis quelques temps, il m’apparaît nécessaire de s’interroger sur la dimension toxique de nos pratiques de création. La beauté ou folie humaine traduites à grands renforts de sentiments se mesurent-elles par le caractère irrémédiable des transformations engagées dans le processus créatif qui leur est associé ? Est-ce-que toute forme de genèse créative doit suivre un chemin passionnel et fatal ? Et si la nature inventive de l’homo sapiens est profondément délétère, comment en prenant la toxicité comme moteur de création, justifier une dialectique de la catharsis ?

Il me semble, que dans tout ltoxique-1024x903 copiee bazar qui est le nôtre, la passion qui guide nos pas, vient tourmenter les équilibres. La passion embrase et ses flammes me fascinent, point de manichéisme à la clef. Et si je me réfère à une définition simple de la toxicité soit la mesure de la capacité d’une substance à provoquer des effets néfastes et mauvais pour la santé ou la survie chez toute forme de vie, je peux concevoir les différents sommets d’un triangle quasi-amoureux. La toxicité devient donc la capacité, inhérente au processus créatif, de produire des effets nocifs chez un organisme vivant.
Comment, alors, déterminer la nocivité des effets engendrés par le processus créatif ? Si ces effets toxiques s’évaluent en termes de comportements, leur caractère irréversible dénote quant à lui de leur pouvoir et de leur puissance.

À travers quelques exemples remarquables de modifications sensibles des comportements et des attitudes, le constat est sans appel : l’effet toxique du processus créatif prend possession des âmes. Je remarque d’abord que l’irritation de la glotte suite à une manifestation objective de l’euphorie reste un modèle assez répandu. Vient ensuite un autre exemple tout aussi courant : la corrosion des défenses normatives et un dégoût profond des conventions pouvant mener à la neuropathie. Une des formes les plus excessives de ce type de réaction peut, par ailleurs conduire à l’aboulie totale. Dans de rares cas, l’essoufflement de l’indifférence en corrélation positive directe avec le niveau de l’atteinte toxique peut se transformer en variation biologique irrévocable, voire mutagène.

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Il existe donc bien un lien entre la puissance du processus créatif et le niveau de toxicité. Si on décompose l’effet toxique on peut mettre en évidence les différentes étapes du processus, de la simple exposition-absorption à l’agression toxique qui se confronte avec un sujet réticent et apriori non réceptif. La gravité de l’intoxication dépend également du caractère entropique du processus créatif en lui-même. Tout est question d’action et d’empreinte et pas directement de matériel utilisé pour produire. Les idées peuvent être mortelles, les esquisses salutaires. L’Homo toxicus est donc certainement à même de construire sa propre dialectique de la thérapie, en maniant habilement quelques doses létales d’irréversibilité.

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